Les gestionnaires de flotte des entreprises françaises doivent accélérer le verdissement de leur parc automobile. Le cadre réglementaire ne laisse plus vraiment le choix : la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), complétée par la loi Climat et Résilience, impose un verdissement progressif des flottes avec des quotas de véhicules propres à respecter, sous peine de sanctions financières. À cela s’ajoutent des objectifs RSE de plus en plus suivis par les directions, ainsi que des avantages fiscaux qui rendent l’équation économique de l’électrique plus favorable qu’auparavant. Le passage à l’électrique n’est donc plus une option.
Mais entre l’intention affichée et la réalité du terrain, l’écart est important. Une fois la décision prise, les gestionnaires découvrent que la mise en place et le suivi opérationnel au quotidien sont bien plus complexes qu’anticipé, tout comme les réticences à lever en interne. Des solutions comme celle proposée par Avrios existent pour accompagner cette transition.
Voici les principaux points de friction rencontrés sur le terrain.
Les pièges de la recharge : au-delà de l’installation de la borne
Installer des bornes ne suffit pas ; encore faut-il organiser la recharge elle-même, qui se décline en trois cas de figure bien différents, chacun avec ses propres contraintes.
À domicile, le conducteur recharge sur son propre compteur électrique. Cela soulève deux questions distinctes : celle du remboursement des frais d’électricité engagés par le salarié pour un usage professionnel, et celle de la conformité de l’installation électrique privée, qui doit être vérifiée avant d’y brancher un véhicule de fonction.
Sur site, la recharge reste la plus simple à suivre pour un gestionnaire, puisqu’elle transite par le compteur de l’entreprise. Mais elle déplace le problème ailleurs : celui de la puissance disponible. Si tous les véhicules se rechargent en même temps, le risque de saturation du réseau électrique du site devient réel. Le smart charging, qui répartit et séquence la recharge selon la puissance disponible, devient alors indispensable pour éviter d’avoir à revoir à la hausse la puissance souscrite du bâtiment.
Sur les bornes publiques enfin, les gestionnaires découvrent une réalité moins maîtrisable : les tarifs varient fortement d’un opérateur à l’autre, avec des écarts qui se creusent sur autoroute, et la multiplicité des cartes et badges de recharge, faute d’interopérabilité complète entre réseaux, complique le suivi et oblige parfois le conducteur à jongler entre plusieurs abonnements.
Sur le suivi de la consommation, les habitudes héritées du thermique ne suffisent plus. La carte carburant traditionnelle centralisait tout ; avec l’électrique, il faut relier plusieurs sources de données. Avrios se connecte aux fournisseurs d’énergie et de carburant pour faciliter cette centralisation, même si cette intégration n’est pas encore automatique aujourd’hui : le gestionnaire doit alimenter sa plateforme avec les données de ses cartes carburant et de recharge. Une fois fait, l’outil permet de suivre les véhicules, les factures et les données kilométriques, pour une vision claire et précise des coûts, plutôt que la réconciliation manuelle de notes de frais, de factures d’énergie et de relevés de bornes que beaucoup de gestionnaires pratiquent encore.

Lever les freins et embarquer les équipes
Le passage à l’électrique ne se décrète pas, il se fait accepter. Les entreprises qui réussissent cette transition s’appuient rarement sur la seule contrainte réglementaire. Elles désignent des ambassadeurs en interne, des collaborateurs déjà convaincus qui rassurent leurs collègues sur l’autonomie et les habitudes à prendre. Elles organisent des sessions d’essai avant l’attribution définitive d’un véhicule, pour désamorcer l’appréhension. Elles réfléchissent aussi à ce que fait le conducteur pendant le temps de charge, une pause déjeuner, une visite chez un client à proximité, plutôt que de le laisser attendre. La sensibilisation à l’impact environnemental et la mise en avant très concrète des économies réalisées, carburant, entretien, fiscalité, finissent de convaincre les plus réticents. Enfin, accompagner l’installation d’une borne à domicile reste souvent le facteur décisif pour les conducteurs qui rechargent chez eux.

Le suivi et le calcul du TCO, plus fin qu’il n’y paraît
Bien suivi, le coût total de possession (TCO) d’un véhicule électrique intègre le prix d’achat ou de location, l’énergie, l’entretien et la fiscalité. Mais plusieurs postes, moins visibles au moment du chiffrage initial, viennent nuancer les calculs simplifiés.
L’usure des pneumatiques, d’abord : le poids plus élevé des véhicules électriques, lié à la batterie, et le couple disponible dès le démarrage accélèrent l’usure, un poste souvent sous-estimé au départ.
Les frais de restitution et la valeur résiduelle, ensuite. En location longue durée (LLD), l’état de santé de la batterie, son State of Health (SOH), reste souvent incertain au moment de la restitution du véhicule, ce qui complique l’évaluation de la valeur résiduelle et peut donner lieu à des désaccords avec le loueur.
Les coûts d’entretien, enfin. Un véhicule électrique compte moins de pièces d’usure qu’un thermique, pas de vidange, moins de disques de frein grâce au freinage régénératif, mais la main-d’œuvre spécialisée VE et les pièces spécifiques ont un coût qui ne compense pas toujours l’économie attendue sur l’entretien courant.
Numérisées et suivies sur une plateforme comme Avrios, ces données permettent de garder une vision fiable du budget mobilité et d’objectiver ces postes de coûts plutôt que de les découvrir au moment de la restitution. Le contrôle des véhicules assuré par Avrios permet aussi de s’assurer que la flotte reste en état de marche, tout en maîtrisant les coûts d’entretien associés.

Complexité administrative et manque de données centralisées
Au suivi des coûts s’ajoute un problème plus structurel : l’inadéquation des outils. Les logiciels de gestion de flotte traditionnels ont été conçus pour suivre des litres de gazole et des kilomètres. Confrontés à des données en kWh, en pourcentage de batterie ou en sessions de recharge, ils peinent à remonter une information exploitable, ce qui oblige souvent les gestionnaires à recomposer ces données à la main, en parallèle de l’outil censé les centraliser.
Les contrats de leasing ajoutent une seconde couche de rigidité. Ils reposent le plus souvent sur des estimations de kilométrage construites sur des habitudes de roulage thermique, qui ne correspondent pas toujours à l’usage réel observé en électrique. Résultat : des écarts de kilométrage constatés en fin de contrat, avec des pénalités ou des ajustements tarifaires à la clé.
En clair, l’électrification d’une flotte est une transformation culturelle et technologique, pas seulement un choix de véhicules. Elle suppose d’accompagner les équipes, de repenser le suivi des coûts de recharge, d’affiner le calcul du TCO et de mettre à niveau les outils de gestion administrative.
Avrios offre aux gestionnaires un outil unique pour piloter une flotte mixte, grâce à un suivi des coûts adapté à l’électrique et des reportings consolidés quelle que soit la motorisation. En centralisant la gestion thermique et électrique au même endroit, les entreprises conservent une maîtrise totale de leur budget mobilité tout au long de la transition.

